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 Juste quelques secondes • Aiguille

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Pouvoir : Incapable de ressentir la douleur, sauf celle infligée aux autres.
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MessageSujet: Juste quelques secondes • Aiguille   Mar 13 Déc - 19:26

Juste quelques secondes
Tu déambules. Tu virevoltes. Tu sautilles. Cette journée n’a rien d’exceptionnel mais l’atmosphère si légère de Voreios te donnerait presque des ailes. Cette nature qui t’entoure t’apaise, tu es peu habitué à tant de douceur apparente. Ca te perturbe un peu… Serais-tu en train d’apprécier cela ? Non, tu restes fidèle à toi-même Lou. Il s’agit simplement de quelques secondes de répit avant que tu sois pris d’une vilaine envie de piquer le premier venu. Tu es comme ça, irrécupérable. Et même la verdure d’Eirini n’y changera rien. C’est bien pour ça que tu ne vis pas ici, ça ne te ressemble pas. Mais tu aimes pouvoir t’y rendre de temps à autre. Tu as souvent la bougeotte à vrai dire, tu apprécies pouvoir parcourir Quorl en long et en travers, ce monde qui te réserve toujours des surprises. Ou plutôt ceux qui y vivent qui continuent à te surprendre.

C’est alors que tu passes sans t’en rendre compte devant une vitrine particulière. Tu t’arrêtes, et fais un pas en arrière. Tu te penches un peu pour essayer de comprendre ce qui t’a attiré ainsi le regard au dernier moment. Des horloges, des pendules, des montres. Une petite boutique qui semble pourtant banale et qui regorge de ces instruments censés indiquer l’heure. Mais l’heure n’existe pas ici. C’est étrange et il n’en faut pas plus pour t’inciter à entrer. Tu pousses la porte de ce lieu qui attise ta curiosité et le bruit du tic-tac de toutes ces aiguilles retentit alors dans tes oreilles. Tu restes un instant sur le pas de la porte à poser ton regard un peu partout. Cet endroit est tout à fait…atypique.

Et tu es seul. Tu ne prends pas la peine de manifester ta présence, ça te va plutôt bien de pouvoir regarder à ta guise tous ces objets qui s’offrent à toi. Tu glisses tes doigts sur le bois d’une vieille horloge comtoise où le pendule se balance de droite à gauche inlassablement. Puis tu continues à t’avancer dans la boutique. Et là, accroché au mur, une horloge attire un peu plus ton regard. Tu t’approches pour l’observer de plus près. Elle te rappelle étrangement celle qu’il y avait chez toi avant… Dans la cuisine, avec ce bruit d’aiguille qui t’insupportait sans savoir pourquoi. Une horloge comme une autre que plus personne ne remarquait vraiment. Tu fronces un peu le nez malgré toi et détournes le regard. Puis tu t’arrêtes devant ces montres. Délicatement, tu te permets d’en prendre une entre tes mains. Elle n’est pas de toute jeunesse mais elle est encore en parfait état. Tu la poses sur ton poignet pour imaginer ce qu’elle donnerait sur toi. Ton poignet est trop fin et la montre trop imposante, cela serait parfaitement ridicule si tu la portais, pourtant tu souris.

Mais derrière toi tu entends alors du bruit. Pendant un court instant, tu avais oublié qu’il devait forcément y avoir quelqu’un pour garder la boutique. Toi et ta curiosité t’ont poussé à agir en faisant, comme toujours, abstraction de ce qu’il y a autour de toi. Et, sans un mot, tu glisses alors innocemment ton regard vers la source du bruit

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Mer 14 Déc - 18:14

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.
Il y a cette mélodie paisible qui règne en maître, ces oiseaux qui chantent, ces feuilles qui dansent avec le vent. Tu ouvres la fenêtre de ton petit studio et tu prends une grande bouffée d'air frais avant d'entamer ton rituel quotidien, celui qui se terminait pas l'ouverture de ta boutique. De ton petit paradis à toi, rien qu'à toi. Sûrement es-tu le seul à lui porter tout cet amour à ce bois, à ces cadrans, et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors dont tu ne te lasses pas. Ta grande tasse de café posée sur ton établi tu pouvais enfin retourner la pancarte de ta boutique, celle qui indiquait que ta journée débutait enfin. Sans véritablement attendre quelques secondes de plus tu pouvais t’atteler à ce qui t'attendais impatiemment : le peu de commandes que l'ont t'avait laissé. Ta vieille loupe d'horloger que tu t'es amusé à personnaliser sur l'oeil et voila que tu attrapais tes outils de précision, t'attaquant aux choses sérieuses. A partir de ce moment là, tu craignais de ne plus pouvoir entendre quoi que ce soit, pas même un client qui avait pénétré ta boutique et qui s'était mis à observé tes petits bijoux, qui s'était mis à les toucher, les prendre entre ses doigts. Il aurait certainement pu partir avec quelque chose que tu n'aurais remarqué la chose qu'en regardant tes précieux. Finalement, tu sens un regard se poser sur toi, tu le sens et tu te sens terriblement con de ne pas avoir remarqué la personne plus tôt.

Tu bondis de ta chaise, te retournes vers elle sans avoir prit le temps de retirer ton monocle, tu devais avoir l'allure avec les manches de ta chemise retroussées, ta pince dans les cheveux pour éviter à ta mèche de te revenir sur l'oeil et ton objet de précision sur l'oeil. Oui, tu devais vraiment avoir l'air fin. Aaaah, bonjour, bienvenue ! Et finalement tu retires ton accessoire pour t'avancer vers ton précieux client en retirant ta pince au passage, secouant ta tignasse pour bien la remettre en place, essayant de balayer la vue un peu étrange que ton premier client a pu apercevoir.

Une fois à son niveau tu lui offres ton plus beau des sourires, non, pas celui du parfait commerçant voulant garder son client, le tien, celui de quelqu'un véritablement heureux de recevoir quelqu'un. Tes mains sur les hanches tu penches joyeusement ta tête. Puis-je vous aider à trouver quelque chose ?   
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Ven 16 Déc - 11:06

Juste quelques secondes
Immobile, tu observes cet homme afféré à sa table de travail. Et ton regard devait être pesant, car il se redresse presque aussitôt. Il a l'air de venir d'un autre temps, d'un autre monde. Tu prends un moment pour le détailler, son physique, ses mouvements et cet étrange attirail qu'il porte. Oui, Lou, tu trouves instantanément très intéressant cet étrange personnage qui saute de sa chaise. Sans gêne, tu glisses ton regard sur lui de haut en bas. Tu aimes observer, pouvoir marquer mentalement tout ce qui retient un peu plus ton attention. Alors bien sûr, ce truc posé sur son œil, cette sorte de loupe qui te donne l'impression de faire face à un scientifique un peu taré sur les bords, ça te marque un peu plus que tout le reste. Malheureusement, tu n'as pas tellement de le regarder plus longuement car cet inconnu vient de l'ôter de son visage alors qu'il s'est enfin rapproché de toi. Dommage. Puis tu te décides enfin à bouger, tu te retournes complètement pour faire face à ce qui semble être le propriétaire de ces lieux.

« Bonjour » réponds-tu simplement en penchant ta tête légèrement sur le côté.

Ton regard est toujours aussi perçant, ça donnerait presque l'impression que tu arrives à voir à travers ce jeune homme, que tu le déshabilles mentalement. Alors que tu es simplement en train de te demander pourquoi tu restes là. Oui pourquoi ne pas sortir rapidement de cette boutique qui ne représente aucun intérêt à tes yeux ? Tu ne te l'expliques pas, tu es juste là, pensif, cette montre toujours au creux de ta main. Et ce sourire que t'offre l'autre te fait un peu revenir à la réalité. Quel étrange sourire d'ailleurs, il est...radieux. Trop radieux. Ca te donne envie de l'effacer, de le déchirer, de le faire disparaître à jamais.

« Oh pas vraiment. »

Tu affiches à ton tour un sourire au coin des lèvres. Un sourire malicieux et bien loin d'être aussi lumineux que celui de l'horloger. Délicatement tu reposes ta petite trouvaille là où tu l'as trouvé. Enfin plus moins, car tu ne sais plus vraiment où tu l'as prise et tu t'en fiches de la remettre à sa place. Puis tu reportes ton regard sur le jeune homme.

« A vrai dire, je ne comprends pas l'intérêt d'avoir une telle boutique » demandes-tu alors les sourcils relevés « Ca ne...sert à rien, n'est-ce pas ? »

Tu arbores un air sérieux, mi-songeur, mi-hautain. Puis tu souris à nouveau. Tu passes tes doigts fins dans une mèche de cheveux pour la coincer derrière ton oreille dans une moue faussement gênée.

« Pardon, je me montre peut-être un peu injuste. »

Tu ne le penses pas. Tu fais semblant, juste pour voir. Il t'intrigue cet horloger à la chevelure dorée, avec ces montres et ces gadgets en tout genre. Et puis, tu n'as rien de mieux à faire, alors puisque tes pas t'ont guidé jusqu'ici, autant rendre tout cela intéressant.

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Mer 21 Déc - 10:27

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

AAAARGH je suis désolée j'avais ABSOLUMENT pas vu ta réponse. ;w;

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.
Il te fixe, te dévisage sans que tu ne montre une seule once de gêne, sans que tu ne sois déstabilisé ne serait-ce qu'une seule seconde, un seul instant face à ce regard qui semblait te détailler dans tout tes atouts et tes défauts. Et toi, alors que n'importe qui aurait pu sentir ses joues se baisser au fil que les yeux se dérobaient vers le bas, le haut, vers un point de fuite facile, toi, tu ne cessais pas de le fixer avec ton large sourire.

Et finalement il te réponds avec son propre sourire tu ne savais pas si il était forcé pour finir ainsi mais il n'y avait rien de véritablement bon en ce sourire, tu le savais pertinemment que ce sourire n'était pas celui d'un client poli qui répondais à ta bonne humeur. Et il repose la montre qu'il tenait entre ses doigts à un emplacement qui ne lui appartenait pas tout à fait. Tu mordilles un bout de ta lèvre inférieure, ce fameux tic qui revenait au grand galop lorsque quelque chose ne te plaisait pas tout à fait. Et seules les personnes qui te connaissent suffisamment sont tout à fait conscient de cette manie qui te ronge quand quelqu'un ne replace pas tes bijoux, tes trésors à leur place. Et voila, d'un simple geste délicat, tu replaces l'objet à sa place exacte alors que tu l'écoutes attentivement.

Tes mains de retour sur tes hanches, voila que tu éclates de rire alors qu'il s'excuse d'avoir fait une telle remarque. Ton rire est tout à fait naturel, pas forcé, pas mauvais, rien, il est tout aussi franc et honnête que les sourires que tu arbores alors qu'on venait de te balancer la vérité à la tronche. Tu aurais pu te vexer et lui balancer une réplique cinglante en guise de réponse mais non, rien de tout ça. Sa réaction t'amusais car cela faisait bien longtemps que personne ne t'avais ait remarquer avec une telle franchise à quel point ta boutique était inutile. en effet. C'est inutile, du moins, autant que tout un tas d'accessoires que l'on peut accrocher à ses habits, à sa peau.

Tu poses ton doigt sur ton menton, la tête penchée alors que tu affichais toujours ton grand sourire. Cependant, me priver de toutes ces petites merveilles pendant tant d'années me ferait mal au coeur. Il était vrai que tu n'avais jamais imaginé passer ta vie sans tes horloges, sans tes petits outils. Bien que parler de vie ici, te paraissais assez ironique.  

En résumé, ce qui à l'air inutile aux yeux de beaucoup est en quelque sorte...vital pour moi. Et puis, ce n'est pas comme si c'était moche, non ? Sourire innocent, mine radieuse, tu avais de quoi agacer n'importe qui avec toute cette bonne humeur débordante.     
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Ven 23 Déc - 10:13

Juste quelques secondes
Elle n’était pas à sa place. Tout du moins, pas tout à fait. L’horloger avait replacé la montre à l’endroit où elle appartenait, sans te faire la moindre remarque, dans un geste délicat et silencieux. Tu t’étais contenté d’observer du coin de l’œil, amusé par ce besoin de l’autre à devoir contrôler son environnement dans les moindres détails. Et toi qui avais débarqué là-dedans avec tes grands sabots…

Mais c’est à ce moment-là qu’il décide d’éclater de rire. Instantanément, tu as envie de lui faire ravaler son rire, de le faire taire, de l’étouffer de tes petites mains. Tu détestes ces rires cristallins et sincères, ceux qui communiquent de la bonne humeur aux autres. Ça t’écœure ce bonheur apparent qu’on te balance au visage sans vergogne. Tu viens pourtant de lui balancer une pique et sa réaction n’est pas celle que tu attendais. Tu ne veux pas voir cette joie peint sur son visage. Si seulement elle était sur-jouée, tu aurais pu t’en contenter… Mais là, tu sens bien que cet homme est authentique. Alors tout ça ne te plaît pas beaucoup Lou. Non, vraiment pas du tout…

Cependant, tu dois admettre que l’horloger a le mérite de défendre cet endroit avec ferveur et sincérité. Et qu’il ne se laisse pas facilement impressionner par la stricte vérité que tu venais d’énoncer à voix haute. Il ne se laisse pas déstabiliser, prend ça avec humour et te répond avec honnêteté. Tu perçois même dans sa voix une sorte d’affection à l’égard de tous ces petits objets qui composent sa boutique. Tu comprends difficilement ce qu’il ressent car tu n’as jamais ressenti un tel attachement, mais tu as presque de l’estime pour cet homme. Presque. Parce que, admettons-le Lou, tu as toujours autant envie d’arracher ce sourire chaleureux qu’il a constamment au coin des lèvres.

« C’est vrai que certaines de ces horloges ne sont pas désagréables à regarder… » réponds-tu alors vaguement.

Tu tournes doucement tes talons dans un geste fluide et t’approches de l’un d’entre elle accrochée en hauteur. Tu penches distraitement la tête sur le côté.

« Mais certaines n’ont tout de même aucun intérêt. »

Tu te retiens de ne pas regarder celle qui trônait dans ton ancienne cuisine. Tu ne dois pas te laisser à une quelconque imprudence. Après tout, tu ne connais pas du tout cet homme et il pourrait se révéler plus perspicace que tu ne l’imagines.

« Et puisque c’est vital à tes yeux, si cet endroit venait à disons… disparaître en fumée ? Est-ce que cela voudrait que tu - » légère pause, tu pivotes un peu ton visage pour le regarder du coin de l’œil « mourrais une deuxième fois ? »

On ne peut pas mourir à Quorl. Tu le sais bien. Mais tu ne fais qu’évoquer les conséquences de ses propos. Et puis, ça t’amuse souvent de parler de la mort, celle qui vous a fait venir jusqu’ici… Certains n’osent pas l’évoquer, d’autres s’en contrefichent. Il y en a qui craignent toujours autant d’en parler… Dans quelle catégorie te trouves-tu toi Lou ? Peut-être dans celle qui s’en divertit. Et lui, alors ? Que ressent-il face à la tragédie qui l’a amené dans cet endroit où ses précieux objets ne servent plus à rien ?

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Ven 23 Déc - 12:28

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

AAAARGH je suis désolée j'avais ABSOLUMENT pas vu ta réponse. ;w;

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.
Il semble admettre un des points que tu as mentionné, il l'admettait sans véritablement le vouloir non plus. Petite victoire pour toi malgré tout. Tu voyais bien qu'il ne souhaitait pas se décrocher de cette idée qu'il t'a envoyer à la figure bien plus tôt. Il en remettait une couche. Que cherchait-il au près de toi, au juste ? A te faire sortir de tes gonds, à faire en sorte que tu l'insultes pour son effronterie, pour son manque de respect envers ton dur labeur ? Tu n'allais pas y sombrer, Aiguille, pas là dedans. Ce n'était pas ton genre, plus maintenant. Autrefois, tu te serais sûrement vexé, tu te serais sûrement énervé et tu lui aurais fait ravaler ses propos blessants. Mais non, Aiguille, tout cela était fini. Tu vis depuis bien trop d'années pour t'embêter avec ces enfantillages, tu ne sais même plus les sensations que procurent la colère, la haine. Tu as oublié, c'est enterré. Tu t'émerveilles pour la moindre découverte, tu es heureux à la moindre nouvelle tête croisée. Un rien est devenue une excuse valable pour afficher un large sourire. Et tu ne sembles pas comprendre ceux qui sont là depuis aussi longtemps que toi, si ce n'est plus, tu ne comprends pas ceux qui restent au même point qu'à leur arrivée, ceux qui ruminent le passé, qui n'évoluent pas et gardent leur fantôme d'antan derrière eux.

Il en faut pour tous les goûts, non ? Tu répondais avec un sourire doux, la tête légèrement penchée en le regardant faire. Tu n'arrivais plus vraiment à comprendre ce qu'il voulait faire, ce qu'il recherchait, pas avec toi, mais dans ta boutique. Sûrement ne s'était-il pas levé avec l'envie soudaine d'embêter l'horloger de Eirini, non, ce n'était sûrement pas ça. Tu avais terriblement de mal à le cerner et en soit, ça avait un petit côté amusant pour toi, de chercher à le cerner.

Et soudain, il vient mettre une énième couche. et si tout cela disparaissait vraiment ? que ferais-tu ? Comment est-ce que tu réagirais ? Ta réaction n'est pas immédiate, tu réfléchis un peu, regardant le parquet, puis observant dans son ensemble ta boutique. Est-ce que tu serais triste à en mourir, de voir cet endroit partir en fumée. Ton sourire reste figé sur ton option habituelle et pourtant ton regard brille légèrement. Tu n'y avais jamais pensé, à cette possibilité que l'on te retire une autre fois tout ce que tu avais reconstruit. je crois que je n'y ai jamais pensé à vrai dire. Mais... Tu relèves la tête, ton sourire un peu plus étiré sans pour autant être radieux pendant que ton esprit était en train d'envisager cette possibilité de tout voir disparaître. Je pense que je serai terriblement malheureux. Mais pas au point d'en mourir. Après tout, nous sommes déjà morts alors envisager ça de nouveau après tout ce temps me paraît assez ridicule. Malheureux et terrorisé, certainement, tu pouvais espérer n'importe quelle fin pour ta boutique, mais certainement pas par les flammes. Tu revivrais ça encore et encore alors que tout ça est censé être loin. Mais au final, ça n'est jamais vraiment parti avec le temps, cette image, cette sensation atroce, d'une douleur sans pareille qui t'as toujours semblé interminable car entretenue par des cauchemars qui surviennent du jour au lendemain.

Et puis tu sors de tes pensées, tu joins tes deux mains, colle tes doigts les uns aux autres, ton sourire reprenant de sa radiance alors que tu fixais le garçon. Mais dis-moi, tu n'es pas venu uniquement pour savoir tout ça, n'est-ce pas ? Bien que tu puisses lui en parler pendant des heures, de toi, de tes horloges, tu voulais plus que tout, savoir ce qu'il y avait à l'intérieur de cette petite tête curieuse. Surtout que je te trouve injuste de me demander une telle chose alors que je ne sais rien de toi, si ce n'est ta manie de vouloir me faire comprendre mon inutilité. Et ta franchise semble revenir au grand galop, balayant en même temps ton envie de t'adresser à lui en le vouvoyant. Il ne s'agissait pas là d'une provocation, ton visage en témoignait. Tu avais juste légèrement perdu le contrôle de tes mots pendant quelques instants et tu pouvais avoir l'air blessant, pour le coup.
 
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Dim 25 Déc - 23:32

Juste quelques secondes
Toujours aussi serein, l’horloger ne se fait vraiment pas déstabiliser. Tu as beau ne pas prendre de pincette, cela semble difficile de le piquer vraiment à vif. Tu trouves ça toujours aussi intéressant. Tel un défi à surmonter. Si tu avais su qu’en entrant par curiosité dans cet endroit, tu serais tombé sur un tel personnage… Tu serais venu ici bien plus tôt !

«  Oui pour tous les goûts… » réponds-tu dans une moue innocente.

Mais les goûts de certains laissent à désirer… A vrai dire, toi aussi Lou, tu es parfois attiré par des choses inopinées et malvenues. Alors qui es-tu pour critiquer les envies des autres ? Parce que c’est simplement ce que tu es. Tu aimes la méchanceté gratuite, même celle qui t’es destinée. Mais ici à Quorl, tu ne la ressens plus. Alors c’est bien pour cette raison que tu t’obstines à t’en prendre aux autres, car c’est le seul moyen de ressentir de vaines douleurs au creux de ton ventre.

Et tu l’as ressenti ce léger pincement chez l’autre. Bien sûr, tu le distingues à peine et il t’est impossible pour toi de le comprendre. Tu sais simplement que tu parles d’un sujet qui lui tient à cœur et que cet endroit lui est précieux. Alors l’idée de voir tout cela disparaître, bien sûr que ça l’attriste… Et le fait d’être à l’origine de cette pensée douloureuse, ça te permet enfin sentir un peu de cette souffrance que tu chéris tant.

«  Je me demande ce qui est le pire… Être définitivement mort, ou errer ici sans plus aucune raison de vivre... Mais ce serait vraiment triste que tout ceci disparaisse et que tu doives porter inlassablement ce malheur sur tes épaules. »  

Oui très triste. Délicieusement triste. Tu regardes une dernière fois la pendule avant de regarder fixement l’horloger. Et tu souris une nouvelle fois. Un sourire en parfait contraste avec tes propos. Et si différent de celui qu’arbore à nouveau l’homme en face de toi. Une nouvelle fois, émane de lui une aura chaleureuse.

Et tu étouffes un rire entre tes lèvres devant sa franchise. Cet inconnu ne cesse d’être surprenant. Fini le vouvoiement, fini les courbettes, seul ce sourire est resté le même. Tes doigts s’entrelacent derrière ton dos et tu sautilles doucement pour t’approcher à nouveau de lui.

« Je m’appelle Lou. Maintenant, tu ne pourras plus dire que tu ne sais rien de moi. »

Tu penches malicieusement ta tête sur le côté. Et de nouveau, tu repars gaiement à la conquête de la boutique. Tu n’as pas envie de partir, tu veux encore t’amuser un peu. Tu désires jouer au rythme de ces tic-tacs persistants. En découvrir un peu plus sur l’étrange propriétaire de ces lieux. Voir si tu peux le faire craquer, s’il peut encore te surprendre.

«  Et je suis entré ici parce que j’étais intrigué. Mais qui sait, je pourrais peut-être me laisser tenter et acheter un de tes objets inutiles. »

Tu fais glisser une de tes mains sur un des présentoirs. Tu tapotes des doigts les montres les unes après les autres, comme sur un piano, tout en délicatesse.

«  Quelque chose à me conseiller ? » balances-tu par-dessus ton épaule «  De préférence, quelque chose… d’unique. »

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Jeu 29 Déc - 14:12

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Juste quelques secondes

AAAARGH je suis désolée j'avais ABSOLUMENT pas vu ta réponse. ;w;

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.
Plus le temps passe et plus il te parait évident qu'il n'y a rien de saint en cette petite tête qui se présente à toi dans tout un air qui te semble aller bien au delà de la simple arrogance. Tu es provoqué, cet être veut te sortir de toi-même, briser cette image que tu as mis tant de temps  à forger de nouveau. Ton côté léger, peut-être trop heureux pour lui, l'irrite, l'agace. Tu le sais maintenant. Il veut que tu pètes un câble. Mais tu ne sombreras pas aussi facilement, tu sais déjà ce que cela fait, de tomber si bas que l'on a l'impression de ne jamais pouvoir s'en sortir et tu ne veux pas y retourner, jamais. Et alors tu l'entends mentionner le fait que cela puisse te désespérer à un tel point que tu ne puisses certainement plus t'en relever, que perdre ta boutique reviendrait à errer dans un éternel cauchemar sans fin. Tu pouffes de rire, tu n'arrives pas à t'en empêcher. Résumer ta personne à quelqu'un qui sombrerai dans la déprime à la moindre des difficultés te faisait rire. Allons allons, ne penses pas que je resterai à pleurer éternellement sur les cendres de cet endroit. D'un air rêveur tu regardes tout autour de vous avant de revenir poser tes orbes azur sur la petite boule de haine. Si elle part en cendres, je la ferrait renaître de celles-ci. Tout comme j'ai réussi à le faire. Ca prendra le temps qu'il faudra mais je le ferai.

Lou. Étrangement, tu trouvais que ça lui allait terriblement bien. Le grand méchant "loup", voilà à quoi tu avais pensé. Et cela te serait sûrement difficile de penser à autre chose maintenant que tu t'étais mis cette image en tête. Aiguille. Plutôt "original" n'est-ce pas ? Sur un ton ironique tu réponds à sa présentation, il s'agissait là de la moindre des politesses. Puis tu le regarde, tranquillement, sans quitter ton expression chaleureuse, penchant toi-même la tête du même côté que lui l'air de se demander ce qu'il comptait dire ou faire. Et finalement il se remets à faire le tour de ta boutique en appuyant de nouveau sur le bouton "Inutilité" , pensant peut-être que cela finirait par t'énerver plutôt que de t'amuser comme tu étais en train de le montrer. Et soudain tu sembles rentrer dans tes pensées. Prenant ton menton entre tes doigts, ta lèvre inférieure se faisant légèrement martyrisée par tes dents. Tu te dirigeait naturellement vers les montres à goussets. Tu en  avais quelques une avec les quelles tu n'avais pas souhaiter y conserver un mécanisme classique. Il voulait quelque chose d'unique mais tout tes objets ici présents l'étaient , il n'y en avait pas un seul similaire à un autre. Pourtant,le modèle que tu venais de soulever pour le regarder plus en détail et savoir si sa couleur et sa forme lui iraient bien. D'un or brillant, creusée pour laisser place à quelques arabesques en relief pour lui donner un charme plus que certain. Pourtant ce n'était pas la chose la plus particulière avec cette montre et tu le savais pertinemment en lui montrant le modèle. Pourtant tu voulais le laisser découvrir ça de lui-même. Tu voulais qu'il voit que cette montre n'avait aucun sens, encore moins que toutes les autres présentes dans la pièce. Celle-ci avait ses aiguilles tournant à l'envers. Tout le cadran ainsi inversé et la chaîne qui servait à maintenir le bijoux en place était aussi fine que le reste des ornements de la montre. Aussi fine que la chaîne en argent qui dépassait de ta poche de pantalon. Celle-ci est un peu particulière...mais si tu souhaite quelque chose de plus moderne, j'ai de quoi faire aussi. Et finalement tu lui tends le précieux objet pour qu'il le prenne en main.

 
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Lun 2 Jan - 14:48

Juste quelques secondes
II rit. Encore. Ca résonne dans la boutique, ça t'irrite les oreilles. Comment peut-on rire ainsi ? C'est léger, doux, chantant. C'est d'une sincérité ébouriffante. Alors que tes propos se veulent tranchants, lui, cela le fait rire. Cette boule au creux de ton ventre est de plus en plus vive. Pourquoi se sent-il obligé de te cracher au visage toute cette joie ? A-t-il envie de te prouver ô combien tu as tort et que tout ce que tu peux dire ne l'atteindra pas ? Tu comprends que cet homme n'est pas un être qui baisse facilement les bras, qu'il ne doit pas s'avouer facilement vaincu. Et même si cet endroit précieux disparaissait, il le remettrait lui-même sur pied. Cet optimisme aveugle t'écoeure de plus en plus. Mais sûrement parce que tu n'es pas capable de comprendre les contours de ce que l'horloger ressent vis-à-vis de la passion qui l'habite. Toi, tu n'as jamais vraiment connu tout ceci...

« Aiguille... » répètes-tu dans un murmure, les yeux rivés vers les montres.

Tu relèves ton regard vers lui, et répète une nouvelle fois son étrange prénom dans un sourire.

« C'est amusant en effet. Aiguille, le maître du temps... » tu glisses ton regard à travers toute la pièce, pour revenir rapidement sur lui « Qui s'y frotte s'y pique ? » demandes-tu alors innocemment.

Une aiguille, cela représente une multitude de choses à tes yeux. Et ça lui va parfaitement bien. Un homme passionné et confiant, qui ne se laisse pas impressionner ou déstabiliser par un parasite comme toi.

Puis tu l'observes partir dans ses pensées. Tu trouves ça curieux et de nouveau très intéressant de voir cette nouvelle expression passée sur son visage. Il semble réfléchir à ce que tu viens de lui demander. Tu ne pensais pas qu'il prendrait cela autant au sérieux... Il prend donc réellement son métier à cœur, quelque soient les circonstances. Tu t'imagines alors le faire tourner en rond pendant des heures à la recherche de LA montre qui te conviendrait, pour finalement ne rien acheter... Ce scénario t'amuse énormément mais tu ne laisses rien paraître. Il se rapproche alors de toi, un petit objet doré dans la main. Tu écarquilles un peu les yeux pour observer cette montre qu'il t'apporte. Délicatement, tu attrapes celle-ci. Tu l'observes en silence, posée au creux de ta main, ton pouce passant doucement sur le métal froid. Une montre à gousset au détail travaillé. Tu la trouves...belle. Et ça t'agace de penser ça. Puis tu appuies sur le système permettant de l'ouvrir pour regarder à l'intérieur. Tu ne prononces toujours aucun mot et le silence deviendrait presque lourd entre vous. Mais tu estimes devoir prendre ton temps pour contempler ce que l'horloger t'a déniché. Tu veux comprendre pourquoi il a choisi cette montre précisément. Tu as demandé quelque chose d'unique et il t'a servi un objet "un peu particulier". Alors tu veux découvrir ce détail qui t'échappe encore. Puis tu comprends, au bout de quelques secondes, alors que tes yeux sont rivés sur les aiguilles. Tu relèves tes yeux pétillants de malice.

« Comme une métaphore pour remonter le temps ? »

Etait-ce à ceci qu'il avait pensé en mettant au point cet étrange mécanisme qui faisait reculer les aiguilles ? Ou avait-il seulement été pris d'une envie soudaine et irrésistible de faire différemment ? Une telle montre, dans un endroit tel que Quorl... Tu trouvais ça si improbable. Et tellement ironique. Porter cet objet qui essaie inlassablement de revenir en arrière, dans un monde où il a été offert à tous de revenir dans le passé pour modifier le court de sa mort...l'idée te plaît énormément. Cette Aiguille a vraiment su t'apporter quelque chose d'unique.

« Tu possèdes toi-même une montre aussi...particulière ? »

Tu referme le clapet de la montre, et fait glisser la chaîne entre tes doigts fins. Tu hésites. Dois-tu l'acheter désormais ? Tu te laisses encore un peu de temps pour décider. Ici, de toute façon, du temps, il y a ce qu'il faut...

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Lun 2 Jan - 18:52

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.


Et voilà. Il le remarque, ce détail unique, cette petite fantaisie qui pouvait véritablement prendre un tout autre sens ici, en fonction de chaque personne. Un mécanisme inversé juste pour l'esthétisme de l'objet aux yeux d'une personne peut prendre bien d'autres sens pour une seconde personne, pour une troisième. Remonter le temps. Tu y avais pensé en montant son mécanisme, tu y avais pensé en assemblant ces rouages, en posant ces aiguilles sur le cadran mais tu avais pensé à bien d'autres choses aussi. Des choses certainement beaucoup plus personnelles que tu ne l'aurais imaginé sur le coup.

Aiguille, te voilà persuadé d'avoir trouvé la bonne montre pour lui, tu es persuadé que malgré le fait qu'il ne montre absolument rien, ni de satisfaction ou de désaccord, tu es sûr de toi. Peut-être un peu trop. Remonter le temps, oui...c'est une manière parmi tant d'autres d'interpréter son fonctionnement. Tu te remets à maintenir ton menton avec tes doigts et tu étires un sourire particulièrement doux en observant Lou avant qu'il ne te tires de tes pensées juste avant que tu ne t'y enfonces bien trop profondément pour en sortir. Es-ce que toi, tu en as une, de montre aussi spéciale ? Tu lui souris de nouveau avant de tâter doucement la poche dans laquelle se trouvait ta précieuse montre.

J'en ai bien une...mais à tes yeux elle n'aura rien de particulier. Tu la sors de ta poche d'un geste habile et la lui montre. Un vieil argent que tu entretenais du mieux que tu le pouvais mais l'usure et les ans ne pouvaient plus vraiment être cachés. On distinguait pourtant encore parfaitement bien deux initiales. L & G Si tu te souviens encore parfaitement de leur signification, il t'es impossible de visualiser correctement l'aspect du G, tu ne connais de ce G, que son nom. Son apparence s'est évaporée avec les ans et tu te retrouves à avoir de plus en plus peur que même ces initiales finissent par s'effacer de ton esprit, ainsi, même ton propre prénom partirait en fumée.

Tu appuies sur le haut de la montre pour ouvrir ton précieux objet et ainsi dévoiler le cadran et ses aiguilles. Tout témoignait de l'ancienneté de l'objet mais aussi du soin que tu lui apportais. Tu la refermes et la remets dans la poche après avoir caressé délicatement le dos de celle-ci avec un regard légèrement mélancolique. Tu aimerais te souvenir de tout ce qui était lié à cette montre, à toi, à lui mais tu savais que cela te ferait certainement bien plus de mal que de bien. Pourtant tu en avais envie...terriblement envie.

Je te l'ai dis, non ? Rien de bien particulier. Juste une vieille montre qui es encore entière par je ne sais quel miracle. Cet objet, tu l'as obtenu peu après ton arrivée ici. Peu de temps après que tu te sois finalement accommodé avec cette nouvelle "vie" que tu n'aurais jamais espérée aussi longue. Tu regardes le garçon droit dans les yeux, plissant tes deux orbes azur en le regardant avec un air terriblement doux, désirant cruellement revenir sur l'ancien sujet de conversation : sa montre à lui.

Tu ne m'as pas dit si elle te plaisait. Sinon, j'ai bien d'autres modèles mais je dois avouer que rien d'aussi particulier ou unique ne me vient à l'esprit.

Tu te frottes l'arrière de la nuque, feintant une réflexion en ayant les yeux levés vers ton plafond, regardant d'un oeil rapide ta boutique alors que tu mordillais désormais ta lèvre inférieure, ta seconde main tripotant une de tes mèches d'argent.
 
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Mer 4 Jan - 16:37

Juste quelques secondes
Plus attentivement que jamais, tu l’observes, tu scrutes son visage, ses expressions. Tu veux comprendre. Qu’est-ce qui l’a amené à monter un tel mécanisme ? C’est étrange, mais tu es persuadé que pour avoir une telle idée, il faut avoir un esprit torturé ou des pensées saugrenues. Aiguille… Qui est-il vraiment ? Un simple horloger au sourire chaleureux ? Non, il devait y avoir plus. Tu voulais qu’il y ait plus.

« Et comment l’as-tu interprété le jour où tu as mis au point ces aiguilles qui tournent à l’inverse de toutes les autres ? »

Se dessine sur ton visage un air innocent, et tes yeux brillent de curiosité. Tu as presque quelque chose d'angélique. Tu adores prendre ce genre d’expression. Cela reflète tellement ce que tu n’es pas, tu le sais bien. Contrairement à cet homme qui respire la gentillesse et la douceur. Mais tu es persuadé qu’il suffit de gratter un peu plus pour découvrir des choses insoupçonnées. D’ailleurs, il ne semble pas qu’il lui soit difficile de répondre à tes questions. Très naturellement, il te fait découvrir cette montre cachée dans sa poche. Une vieille montre en argent. Une montre qui ne te révèle rien parce qu’il t’est impossible d’y découvrir le sens caché. Car il doit forcément y en avoir un, n'est-ce pas? Tu scrutes l’objet en espérant que celui-ci te dévoile ses secrets. Mais c’est peine perdue… Même lorsqu’elle s’ouvre, tu n’y vois qu’un cadran ordinaire. Tu contiens ta déception et relèves les yeux vers Aiguille lorsqu’il remet la montre doucement à sa place.

« Il n’y a rien de miraculeux. Elle est encore entière parce que tu en prends soin, parce qu’elle t’est précieuse. Ce n’est pas simplement une "vieille montre". »

Tes yeux le fixent. Tu demandes quelle serait sa réaction si cette montre venait à disparaître… Pourquoi es-tu pris de cette envie malsaine de vouloir lui dérober ? Tu es incorrigible Lou… Tu es finalement plus avide de cette vieille montre qui ne représente rien à tes yeux, que de l’autre avec son mécanisme si unique. Et Aiguille revient rapidement sur ce sujet précisément. Tu baisses à nouveau le regard sur celle-ci, incertain sur ce que tu dois faire désormais. Tu la serres un peu plus entre tes petits doigts, tu hésites et tu détestes cette sensation.

« Elle me plaît. »

Ta voix est neutre, dénuée de toute émotion. D'une certaine manière, elle révèle ta vraie nature. Tu relèves les yeux vers lui et tu lui tends alors la fameuse montre.

« Mais je ne la prendrais pas. »

Parce qu'avec le temps, tu as appris que les choses que tu apprécies, tu ne les obtiens pas. Elles t'ont toujours inlassablement échappé. Et quand tu touches finalement du doigt quelque chose que tu désires tant, elle finit par se dérober pour finalement t'arracher le cœur. Tu ne t'attaches plus rien à rien, ni personne. Cette montre ne fera pas exception. De toute façon, tu préfères t'intéresser à celle qui coincée au fond de la poche de l'horloger...

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Mer 4 Jan - 23:44

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.


Et toi ? A quoi avais-tu pensé au moment de la fabriquer ? Est-ce que tu t'en souviens seulement, de ce que tu imaginais au moment où tu as décidé de la faire ainsi ? Tu as l'impression que cela fait une éternité que tu l'as montée de la sorte mais après tout, tu sembles avoir perdu toute notion de temps. N'est-ce pas ironique pour toi, de perdre cette notion qui est la base même de ton métier dénué de sens en ce monde ? Tu y penses, encore et encore, tu y penses à l'envie qui t'avais animé au moment de la monter ainsi. Et soudain ça te revient brutalement, une violente claque qui vient réveiller ton esprit avec un poignard planté dans le cœur. Au moment où tu as mis au point ta première montre avec un tel mécanisme, tu ressentais un regret. Cette émotion qui rongeait autrefois ton cœur, ton esprit. Cette émotion que tu as voulu balayer, que tu ne sembles plus vouloir ressentir. Que tu comprends toujours sans jamais vouloir la ressentir. Une main dans ta tignasse argentée et ton sourire chaleureux, celui qui semble vouloir apporter du réconfort. Mais à qui ?   Pour celle-ci je ne sais plus exactement. Et le silence s'était imposé en maître pendant quelques secondes avant que tu ne viennes le détrôner avec ta voix douce et posée. Du regret. Je voulais sûrement revenir sur ce que j'ai pu faire en étant encore " en vie ".

Aiguille, te voilà désormais en tête à tête avec ce que tu étais autrefois. Ce que tu ne veux plus être, parce que tu ne veux plus être négatif. A quoi bon l'être ? Tu es coincé dans un monde où tu ne vieillis plus, où tu ne sembles plus pouvoir mourir une autre fois. Un monde où jamais il ne te sera offert l'opportunité de regarder en arrière tout ce que tu as pu accomplir avant de d'éteindre définitivement. Tu es comme toutes ces horloges, ces montres qui habitent ton magasin. Tu es cette aiguille qui tourne sans cesse sans jamais s'arrêter et que l'Espace-Temps remonte sans jamais te laisser faiblir.

Ce n'est pas simplement une vieille montre. Tu restes là, planté comme un crétin étonné alors qu'il te lance ça. Tu restes sans voix quelques instants, étonné de l'entendre dire ça. Et voila que tu laisses un éclat de rire t'échapper de nouveau et tu ne dis rien, tu laisses ton rire parler pour toi. Il en dit bien plus que de simples mots que tu ne saurais manier correctement à cet instant précis. Tu sembles heureux que l'on admettes ça, que l'on comprennes que cette petite chose abîmée qui traîne au fond de ta poche ne soit pas juste un simple objet de décoration sans âme. Il s'agit là de la seule chose qui reste de ton ancien toi. De cette seule chose qui te permet de te souvenir de Léandre, de celui qui était vivant, celui qui était avant d'être Aiguille. Celui qui s'est fait trahir de la plus horrible des manières par ce G sans qu'il ne lui en veuilles. Est-ce que cela faisait de Léandre un idiot ? Au quel cas, Aiguille en serait le Roi, l'évolution finale de la bêtise et de la naïveté par excellence.

Finalement Lou te réponds, il apprécie ce que tu lui as dégoté et pourtant tu sens une hésitation. Le verdict tombe. Elle ne lui plaît pas suffisamment pour qu'il l'emporte avec lui. Ou peut-être était-ce autre chose ? Tu ne savais pas Aiguille, plus tu avais l'impression de comprendre ce garçon et plus il agissait de manière imprévisible, brisant tout ce que tu avais commencé à construire jusque là pour le cerner. Tu n'es pas pour autant frustré. Au contraire, tu sembles vouloir le comprendre d'avantage encore, te tromper pour mieux le cerner, pour définitivement comprendre ce qu'il se cache derrière cette franchise blessante. Ta curiosité, ton envie de comprendre le monde et de le façonner à ta manière reviens au grand galop. Tu veux voir un sourire franc se dessiner sur ce visage qui te paraît si...triste, blessé.

Tu reprends la montre au creux de ta main, la fixant quelques instant, l'air légèrement déçu de faire face à cet "échec". Tu détournes tes yeux de saphir du garçon quelques instants pour replacer correctement la montre à l'exact emplacement où tu l'avais trouvée. Tout était parfaitement aligné, même la chaîne était de nouveau soigneusement déposée tout autour du corps principal, sans nœud, sans vague. Tout était lisse. Tu fixes le bijou, tu le détailles de nouveau en réfléchissant. Et finalement, il y a quelque chose dans le comportement de Lou qui te dérange. Tu veux en savoir plus.

Dis-moi. Cela fait longtemps que tu es ici ? Et par ici tu ne voulais pas parler de ce lieu en particulier, tu voulais bien évidemment parler de ce monde. Tu voulais savoir si cela faisait longtemps qu'il était...mort. Pourquoi ? Parce que son comportement ne ressemblait pas à celui de quelqu'un qui était là depuis longtemps. Tu trouvais ça étrange de se comporter ainsi, de sembler encore accroché à de vieilles rancunes après de potentiels longs moments passés à errer dans cette seconde chance. Tu le regarde du coin de ton oeil azur, tu l'observes, un léger sourire affiché sur ton visage et finalement tu détournes ton regard de lui pour déambuler le long de ta boutique. Touchant du bout de tes doigts tes montres pour finir ta course devant ta fenêtre. Tu ne me donnes pas l'impression de t'être vraiment acclimaté à la situation.
 
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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Ven 6 Jan - 19:28

Juste quelques secondes
Du regret… Qui n’en a pas ? Même toi Lou, tu dois bien avoir quelques regrets ? Mais tu les balayes dès que tu commences à y penser. Si tu y songes plus longtemps, ils t’enfonceront, et tu ne seras plus capable de retrouver la surface. Quoique… Ne t’es-tu déjà pas laissé tellement envahir, n’as-tu pas déjà le cœur assez assombri ? Cela fait longtemps que tu n’es plus récupérable. Avec ou sans regret, t’es juste une coquille vide qui se laisse guider par la haine et la souffrance.

Alors cela fait longtemps que tu as cessé de te ressasser les scénarios de ton ancienne vie. Tu ne regrettes pas tes choix, tu ne veux pas le faire. Ta vie, aussi misérable qu’elle était, était parfaite à tes yeux, car tu estimes que c’était ce que tu méritais. Pourtant, tu n’avais rien fait pour recevoir toute cette indifférence de la part de ceux que tu aimais. Mais tu as fini par te convaincre du contraire. L’amour et le bonheur, ce n’est pas pour toi. Ce n’est pour personne d’ailleurs, car personne n’en est digne. Pas toi, et pas Aiguille. La douceur et la gentille ont beau irradié de son corps, pourquoi devrait-il recevoir, ce que toi, on ne t’a pas accordé ? Qu’a-t-il de plus ?

Et il te le fait encore savoir que lui, il est empli d'une joie irradiante, qu’il la savoure à chaque seconde et ce, tout simplement à l’évocation de cette montre. Comment un simple objet peut-il lui évoquer tant de plaisir ? Tu comprends bien qu’elle représente quelque chose de précieux à ses yeux, tu voudrais découvrir pourquoi et comment une telle chose est possible. Mais non. Non, tu ne dois pas… A quoi bon ? Car tu n’y aurais pas droit à tout ça. Non, à la place, tu dois simplement détruire cet objet de sérénité. Tu n’en peux plus d’entendre ce rire, ça te rend malade, et en colère…

Trop de choses se bousculent dans ta tête, tu sens que tu perds pied. Tu dois reprendre le contrôle et faire savoir à Aiguille que rien n’est acquis, qu’il devrait cesser d’étaler ainsi son bonheur. Tu es convaincu que c’est ce que tu dois faire lorsqu’il te reprend l’autre montre. Tu ne te l’avoues pas vraiment mais, ne te sentirais-tu pas jaloux ? Tu effaces cette pensée aussi rapidement qu’elle est venue et tu te concentres sur l’horloger qui remet l’objet à la place qui lui revient. Tu restes un instant à la fixer aussi dans le silence. Tu sers un peu tes petits poings, et contrôles ta respiration, car tu sens que tu es sur le point de craquer. Et il te balance alors cette question.

Tu glisses ton regard vers lui et tu réfléchis. Pourquoi te demande-t-il cela ? Que cherche-t-il à savoir ? Et l’explication vint rapidement alors qu’il marche tranquillement au milieu de la boutique. Tu as du mal à contenir ta surprise, heureusement pour toi, Aiguille te tourne le dos. Ta mâchoire se crispe, une ombre passe dans ton regard mais tu te pinces les lèvres avant de te laisser emporter.

« Je te trouve bien présomptueux » réponds-tu souriant.

Tu reprends l’attitude qui est la tienne, fier et malicieux. Et tu te mets toi aussi à avancer au sein de la pièce, le regard rivé sur le dos d’Aiguille.

« Ca fait déjà bien longtemps que je suis ici. Enfin je crois. J’ai aussi comme l’impression que c’était hier que je suis arrivé. Mais je pense que c’est un peu pareil pour tout le monde, c’est l’effet de Quorl, non ? »

Tu jettes un rapide coup d’œil autour de toi. Tu analyses, tu hésites, tu ne sais plus vraiment. Alors pourquoi ne pas vider un peu ton sac à cet inconnu ? De toute façon, d’ici quelques minutes, quelques secondes, tu ne seras plus là. Et plus jamais tu ne reverras cet homme.

« Je me suis acclimaté. A Quorl, à mon ancienne vie. A tout. Je sais que j’ai mérité tout ce qui m’est arrivé. Et moi, je n’ai aucun "regret"… A quoi servent-ils après tout ? A essayer de ne pas commettre les mêmes erreurs et être heureux ? Comme si le bonheur existait… Et puis, n’est-ce pas quand on souffre qu’on se sent en vie ? »

Tu achèves ta phrase dans un souffle, tu t’es glissé derrière lui comme une ombre. Et dans ta main, une de ces vieilles horloges qu’on pose sur un meuble. Celle qui t’a semblé la plus accessible, posée là, à portée de main. Et sans lui laisser le temps de te répondre, juste le temps d’apercevoir à nouveau ses yeux azurs qui se tournent vers toi, tu la lèves au-dessus de son visage pour la laisser retomber sur son crâne. Un bruit sourd résonne, tu te dis même que tu aurais pu le tuer. Heureusement, tes petits bras n’ont pas beaucoup de forces. Tu regardes l’horloger s’étaler par terre, grinçant des dents à cause de la douleur vive que tu ressens à ton tour. Mais tu arrives à l’ignorer rapidement, par habitude.

Puis, dans le silence, le regard perdu, tu attends les bras ballants. Tu as l’impression que s’écoule une éternité alors que seulement quelques secondes viennent de passer. Tu lâches enfin l’horloge qui s’écrase aussi par terre et t’accroupis auprès d’Aiguille. Tu penches la tête sur le côté et le détailles. Tu soulèves quelques-unes de ses mèches de cheveux qui se sont étalées sur son visage. Etrangement, il a l’air si paisible ainsi. Plus de sourire mais une douce sérénité. Tu soupires, et fais glisser ta main jusqu’à sa poche. Tu en retires la montre. Comme un petit trésor, tu l’admires puis reportes ton attention sur l’horloger.

« Serais-tu encore capable de me sourire comme tu l’as fait après t’avoir fait ça ? »

Tu ne veux pas le savoir de toute façon. Tu vas t’éclipser et ne plus revenir ici. Même si tu sens un mélange de curiosité et de remord qui te tord le ventre, tu préfères ignorer tout ça. Et tu te relèves pour disparaître de la boutique, sans un regard en arrière, juste cette douleur lancinante à l’arrière de ton crâne pour te rappeler qu’Aiguille est toujours allongé là, au sol, et que le réveil s’annoncera sûrement douloureux.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Juste quelques secondes • Aiguille   Ven 6 Jan - 22:42

participant 1LOUparticipant2aiguille

Juste quelques secondes

JE T'AIME BORDEL. XDDD Je pensais tellement pas que tu allais le faire mais gosh. Je t'aime. XDD

Et il y a juste ces tic tac incessants qui sont depuis toujours une mélodie quotidienne, la symphonie de ta propre vie qui a autant de sens que l'heure indiqué sur le cadran de tes trésors.


Toi, présomptueux ? Tu n'avais jamais vu les choses sous cet angle mais sûrement devais-tu inspirer plus d'une personne de la sorte. Après tout, tu n'as rien de parfait Aiguille et tu savais à quel point ta joie de vivre constante et ton envie de rendre heureux autrui pouvait en agacer plus d'un. Tu le savais bien, mais jamais tu n'as fait quoi que ce soit pour changer tout ça. A quoi bon ? Tu savais bien que tu n'étais pas vraiment en tort ici. Être négatif ne t'allais pas, laisser autrui broyer du noir et se pourrir la vie avec de telles pensées ne te ressemblait pas non plus. Tu n'as jamais été ainsi, Aiguille, pas même quand tu étais encore Léandre Leroy. Pas une seule fois tu n'as ressenti une quelconque haine ou rancœur envers quelqu'un et jamais tu n'as réellement voulu t'en méfier. A tort, tout le monde te dis ça, que tu devrais plus te méfier d'autrui. Car tu es trop naïf, trop stupide. Tu n'es pas suffisamment méfiant, tu n'as pas suffisamment peur de perdre des choses qui te sont précieuses, tu n'es pas effrayé à l'idée d'être piétiné et brisé en mille éclats. Pourtant, toi, tu ne te vois pas comme étant un être stupide ou même présomptueux, comme te l'avais fais remarqué Lou.

Ton sourire s'élargit alors que tu fixes le ciel bleu qui est au dessus de vous. Tu vois les feuilles d'arbre s'agiter au rythme du vent et tu es comme transporté par leur son alors que tu entends toujours les mots de Lou qui sont ceux d'un être terriblement blessé par la vie. N'est-ce pas dans la douleur que l'on ressent le mieux la vie ? Et voila. Il te confirme ce qui était déjà une évidence depuis que vous aviez commencé à parler entre vous. Il est ton exact opposé et ça te fait mal. Tu as mal de voir quelqu'un tenir ces propos, avoir ces pensées si négatives. Toi, tu te sens bien par le biais unique de cette sensation de nouveauté, de fraîcheur et lui, il vient de te dire ressentir l'exact contraire.

Tu mordilles ta lèvre, passe ton doigt le long de celle-ci, tu l'entends s'approcher dans ton dos et tu te retournes doucement vers lui pour lui répondre, pour lui montrer ton désaccord. Mais il ne t'en laisses pas la chance.

Boom. Une vive douleur puis tu ne ressens plus rien. Tu entends quelques tic-tac et ensuite s'impose le silence. Tu ne vois plus rien, tes yeux sont fermés de force et te voilà complètement impuissant, inconscient. Comme si tu étais mort une nouvelle fois. Mais mort, tu ne l'étais pas. Oh non, pas encore. C'est la douleur qui te réveille alors que tu es encore étalé par terre et tes yeux sont encore clos. Voilà que tu n'oses même pas bouger d'un seul centimètre, tu savais pertinemment que la douleur t'attendrais au moindre de tes gestes. Et finalement tu soulèves tes paupières et soulève légèrement ton corps avec lenteur et délicatesse. Ton crâne hurlait de douleur, tu te sentais terriblement lourd. Et finalement tu regardes tout autour de toi en reprenant tes esprits. Tu es désormais assis. Si ce n'est l'horloge qui a servit à te mettre dans cet état, tout semblait normal. Tu souffles, soulagé. Il n'y a rien eu d'autre. Tu ne vois rien, pour l'instant. Tu te redresses entièrement, prenant appui sur tes meubles, confirmant petit à petit dans un souffle de soulagement que rien n'avait été dérobé. Tu passes tes mains sur ton pantalon, comme pour le dépoussiérer, par reflex, évitant avec précaution la chaîne en argent...Ta chaîne en argent. Tu ne la sens plus, tu ne la vois plus. Dans ta poche ? Il n'y a rien. Pas même dans les autres. Tu es pris de panique, ta respiration s'accélère grandement et la douleur revient au grand galop pour accentuer toute cette horreur qui monte soudainement dans ton esprit. Elle est peut-être par terre ? Oui, ça devait être ça. Elle a du tomber, elle est par terre, a glissé sous un meuble. Elle n'a pas pu disparaître comme ça ! Elle est forcément...là. Tu t'agites, tu as des vertiges à cause de la douleur qui te lance mais tu ne t'arrêtes pas. Tu ne veux pas croire qu'elle s'est volatilisée de la sorte. Et tu ne veux même pas croire que l'on ai pu te la dérober...non, tu ne voulais pas y croire. Pourquoi aurait-il fait ça ? Quel intérêt avait-il à te voler un tel objet sans aucune valeur pour lui ?

Tu te précipites dehors et tu le cherche, tu cours partout, tu regardes à droite, à gauche, partout. Mais il n'est plus là. Evidemment. Combien de temps avais-tu passé à comater par terre comme un crétin impuissant ? Sûrement assez pour qu'il soit déjà hors d'atteinte. Oh...tu n'allais pas le laisser s'en tirer comme ça. Pas avec ton bien le plus précieux. Qu'allais-tu faire ? Le chercher bêtement ? Oui, bien évidemment. Tu allais le chercher et tu allais le trouver. Peu importe le temps que cela te prendra, du temps, tu n'en manques pas. Cette montre était tout pour toi. Tu ne pouvais pas le laisser partir avec. Tu ne voulais pas t'en séparer, pas ainsi. Tu étais paniqué, paniqué mais en aucun cas tu ne ressentais une quelconque haine en toi, tu ne ressentais pas l'envie de te venger, de le trouver pour lui faire payer. Non...pas le moins du monde. Tu es étrange Aiguille, aussi étrange que naïf et stupide. Voilà ce qu'il t'en coûte, de vouloir partager ta joie sans être sur tes gardes : ton bien le plus précieux.

 
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